Boris Vian

Quel titre choisir pour un album ? 6/6

« A » et « M » : des lettres qui s’imposaient à moi…

Le titre se devait d’être construit à partir des seules initiales A et M. telle une contrainte d’écriture, une figure de style imposée. Je ne peux pas vous dire pourquoi mais comme en Jazz américain, tournons autour du thème.

Un appel

Un titre d’album se doit d’être le contraire d’une chute de nouvelle. En effet, loin d’être intimidant, le titre se doit d’ouvrir. Il est le facteur de cohérence entre l’album et les chansons qui le composent.

Il doit bien sûr remplir une fonction morale pour que le lecteur ne soit pas choqué et puisse devenir auditeur. Une sorte d’ami auquel on pense « Il est à nous »*.

C’est un prémisse… à l’arrivée des chansons, un appel.

Une contradiction

Il est ironique de souligner que le titre d’une chanson est souvent la seule partie du texte qui ne sera jamais oralisée.

C’est encore plus vrai pour le nom de l’album.

Ce qui est bien normal puisque c’est le langage qui crée l’univers, ici le titre.

Loin des inflations des inutiles, le titre de l’album s’avoisine aux sonorités qui murmurent à l’oreille, presque initiatique, de l’auditeur cette envie d’écoute.

Un objet réfléchi

Le titre d’un album nous dit tellement sans rien nous délivrer de concret ; comme une expression hors du temps et pourtant bien ancrée.

Un bon titre d’album, c’est celui « qui emporte la vie »*. Il doit être profond et arrivé en fin de parcours de l’album. Les chansons doivent être et avoir vécues pour que le titre qui émerge sonne juste : « Vivre avant d’écrire »*.

Le titre doit également contenir une certaine énergie en lui et proposer à l’auditeur une sorte de défi à résoudre de l’ordre de la promesse.

Un titre merveilleux qui vient nous parler comme un frère le ferait nous disant à l’oreille : que vais-je trouver comme chansons dans cet album ?

Une sorte de contrat moral passé entre l’artiste et le mélomane. Si en plus, il est joli, jouons à la loterie nationale.

Insaisissable

Bref, « Avant-Matin » est hors du monde, isolé et enveloppant à la fois.

Il possède ce côté chantant, cette poétique ancré dans le réel et en même temps déjà ailleurs.

« Avant-Matin » est proche de l’aube et de l’après-midi, initiateur de la journée et du déjà passé : il est entre-deux rives.

Je vous en souhaite une bonne écoute.

Lien vers les chansons de l’album : Avant-Matin.

Laïus.

* Citations de l’écrivain Boris Vian (1920-1959).

 
 
 
 
 
 
 
 
 
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