Épilogue de l'album "Avant-Matin"

Il n’y pas d’artiste sans discours tenu à la première personne car c’est le seul chemin vers la lumière du cœur, celui qui nous permet de nous « épencher sur » nos souffles inconnus. C’est cet éclairage satiné qui apporte à l’œuvre sa chaleur de l’été.

Toutefois, certains diront que cet album est « quelconque ». Un album de variété de plus ! Mais savez-vous que le « quelconque » est la chose du monde la mieux partagée ? une forme de blessure que l’on a tous en nous.

Bouleverser les catégories initialement distinctes est le premier rôle que tient tout artiste qu’il y inclut ou non les circonstances de sa vie dans sa démarche artistique.

Je parle bien du développement d’un univers intime sans mettre pour autant l’artiste à nu ; une sorte d’intimité (p)réservée.

Je suis donc heureux de vivre une vie professionnelle et d’écrire des chansons de manière concomitante, il est normal que le factuel rencontre l’imaginaire et vice-versa. Ils s’auto-nourissent à la manière de Sophie CALLE.

D’ailleurs, peut-on vivre sans produire ? Acteur et Auteur se confondent bien souvent dans nos cités modernes. Il n’y a pas de thème sans artiste et sans cette part de subjectivité assumée.

C’est à ce stade que l’on ne parle plus de récit fictionnel mais de discours incarné. Une « bonne chanson » doit réussir à nous parler au plus profond de nous.

« Le texte est un tissu de citations, issues de mille foyers de la culture » (R. Barthes, »La mort de l’auteur », dans Essais critiques IV, Le Bruissement de la langue, Paris, Seuil, 1984, p. 61-66).

« Avant-Matin » est donc le fruit de ce subtil mélange associant tranches de vie authentiques et agir fictionnel.

Laïus

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